Carolina Toyos

Carolina Toyos

Après la clôture de son exposition, "Jardin secret", nous nous rencontrons avec la peintre espagnole Carolina Toyos, basée à Bruxelles depuis 17 ans. Son dernier travail ressort de la couleur et de l’harmonie et suppose un changement de registre dans l'œuvre de cet artiste.

Carolina Toyos est une artiste cantabre basée à Bruxelles. Déjà très jeune, elle se découvre un intérêt pour le dessin et la peinture. En 2000, elle arrive en Belgique où reprend ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort. Toyos montre une prédilection pour le corps féminin et elle suive des courses sur modèle vivant avec Carmen Ortigosa à l'Atelier Las Meninas.

Comment est née l’idée de créer ce “Jardin secret”?

C’est une évolution ; dans mes premières expositions j’ai toujours eu comme sujet la figure de la femme. Si on jette un coup d’œil en arrière, les premières expositions sont assez monochromatiques. C’était davantage des tableaux sombres, des femmes en attitude calme et méditative, puis j’ai introduit la couleur (notons que j’aime aussi la couleur dorée). Je pense que la peinture est une espèce de psychanalyse des artistes, tout le monde laisse une trace de ce qu’il fait, les artistes plastiques font de même á travers l’image. Dans “Jardin secret”, j’ai introduit un sujet que je n’avais jamais traité : la nature, les fleurs, l’exubérance. C’est un reflet de l’âme, de tout ce que peuvent avoir les gens en eux parce que nous tous avons un jardin secret que l’on doit cultiver et protéger.

Avec quelle technique as-tu l’habitude de travailler?

Je travaille avec plusieurs. J’aime bien le fusain dont le dessin en noir et blanc et normalement avec un peu d’or, est très sobre. Je travaille aussi avec l’aquarelle, l’acrylique mais ce que je préfère le pus est le fusain et la peinture à l’huile. Cette dernière permet de travailler tous les types de travaux : le mode de séchage est plus lent, il permet aussi de revenir en arrière et retoucher les œuvres.

Tu passes de la figure féminine aux fleurs, cela cache une métaphore?

J’aime toujours transmettre un message avec le titre des œuvres, avec ce qu’elles représentent (le message est parfois plus évident pour certains que pour d’autres puisque il peut avoir des sens différents selon la personne). Par rapport au sujet de la nature, je ne fais pas de fleurs coupées, mais seulement des fleurs vivantes qui se trouvent dans leur jardin parce que j’aime bien capter la vie.

Principales influences artistiques…

Chaque jour je découvre de nouveaux artistes qui me plaisent mais mes favoris sont Velázquez y Gustav Klimt, justement pour leur traitement de la féminité et leur monde joyeux.

Il y a longtemps que tu habites à Bruxelles, mais avant tu es allée aux Caribe et en Afrique, ¿quelle influence ont eu ces séjours dans ton travail?

J’ai vécu quatre ans dans chaque lieu et j’ai sans doute été influencée même si ce n’est pas directement parce qu’on garde ça en nous et qu’on le ressort peut-être après. Des Caraïbes, j’ai été influencée par les couleurs, la lumière et la beauté. J’ai vécu aussi dans des zones désertes qui se traduisent dans mes tableaux plus monochromes et austères.

Pourquoi as-tu décidée te déplacer à Bruxelles?

Pour des raisons familiales.

Tes attentes artistiques, est-ce qu’elles se sont accomplies?

Ici il y a une vie culturelle que je n’avais pas rencontrée jusqu’alors et j’avais envie de profiter ces circonstances et cela s’est bien passé, même si ce n’est pas une vie facile, la vie d’un artiste. Mais si tu aimes bien ce que tu fais, les difficultés se résolvent.

Est-ce que tu as eu des difficultés pour te frayer un chemin?

Ce n’est pas un monde facile ; il cherche à se trouver une place avec les nouvelles technologies mais je reste à l’écart de tout ça. Je fais ce que j’aime et je ne suis pas les modes. Je n’ai pas eu de mal parce que ça a été vraiment progressif, j’ai partout des clients qui me suivent et qui ont mes œuvres.

Après toutes les années hors d’Espagne, est-ce que tu as pensé à y retourner?

Non, j’ai ma famille là-bas et j’adore l’Espagne mais pour l’instant je suis bien ici.

Tes conseils pour d’autres artistes espagnols qui penseraient venir à Bruxelles pour y trouer leur voie dans le monde des arts plastiques

Il y a une bonne ambiance culturelle dans toutes sortes de manifestations mais finalement tous les lieux sont pareils. Il ne faut pas penser que si tu changes de lieu tout va aller mieux. Mais ce que je leur dirais c’est qu’ils restent eux-mêmes, qu’ils pensent à se plaire á eux-mêmes et qu’ils défendent ce qu’ils font.

– Entretien réalisé par María Teresa Cortés.

(c) Carolina Toyos

Origine

Santander

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Échantillon de son travail

Jardin secret Jardin secret Jardin secret

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